6 Ce n’est pas que la parole de Dieu ait failli. Car tous ceux qui descendent d’Israël ne sont pas le véritable Israël‡La parole, la promesse que le peuple juif aurait part au salut messianique. — D’Israël, de Jacob (Gen. 32, 28). — Le véritable Israël, l’Israël selon l’esprit, héritier des promesses. Comp. 1 Cor. 10, 18 ; Gal. 4, 29 ; 6, 16., 7 et pour être la postérité d’Abraham, tous ne sont pas ses enfants ; mais « C’est la postérité d’Isaac qui sera dite ta postérité », 8 c’est-à-dire que ce sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Dieu, mais ce sont les enfants de la promesse qui sont regardés comme la postérité d’Abraham. 9 Voici en effet les termes d’une promesse : « Je reviendrai à cette même époque, et Sara aura un fils[d]. » 10 Et non seulement Sara ; mais il en fut encore ainsi de Rebecca qui conçut deux enfants d’un seul homme, d’Isaac notre père ; 11 car, avant même que les enfants fussent nés, et qu’ils eussent rien fait, ni bien ni mal, — afin que le dessein électif de Dieu fût reconnu ferme, non en vertu des œuvres, mais par le choix de celui qui appelle, — 12 il fut dit à Rebecca : « L’aîné sera assujetti au plus jeune »[e], 13 selon qu’il est écrit : « J’ai aimé Jacob, et j’ai haï Esaü. »†Mal. 1, 3. — J’ai aimé, préféré… j’ai haï, moins aimé, hébraïsme.
14 Que dirons-nous donc ? Y a-t-il de l’injustice en Dieu ? Loin de là ! 15 Car il dit à Moïse : « Je ferai miséricorde à qui je veux faire miséricorde, et j’aurai compassion de qui je veux avoir compassion[g]. » 16 Ainsi donc l’élection ne dépend ni de la volonté, ni des efforts, mais de Dieu qui fait miséricorde. 17 Car l’Écriture dit à Pharaon : « Je t’ai suscité, pour montrer en toi ma puissance§Exo. 9, 16. Les LXX : Je t’ai conservé en vie. S. Paul se rapprochant de l’hébreu, dit : je t’ai suscité (gr. ἐξήγειρά), c’est-à-dire élevé à la dignité souveraine et conservé pour etc. et pour que mon nom soit célébré sur toute la terre. » 18 Ainsi il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut*18. Il endurcit, de fait, non d’intention, en posant des moyens destinés à convertir Pharaon, mais qui, rendus impuissants par la faute de ce dernier, sont devenus l’occasion ou la cause négative de son endurcissement. Voilà pourquoi l’Écriture dit en maints endroits que Pharaon endurcit son cœur ou s’endurcit lui-même (Exod. 8, 15 ; 9, 12)..
19 Tu me diras : De quoi donc Dieu se plaint-il encore ? Car qui peut s’opposer à sa volonté ? 20 Mais plutôt, ô homme, qui es-tu pour contester avec Dieu ? Est-ce que le vase d’argile dit à celui qui l’a façonné : Pourquoi m’as-tu fait ainsi ? 21 Le potier n’est-il pas maître de son argile, pour faire de la même masse un vase d’honneur et un vase d’ignominie[j] ? 22 Et si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience des vases de colère, formés pour la perdition, 23 et s’il a voulu faire connaître aussi les richesses de sa gloire à l’égard des vases de miséricorde qu’il a d’avance préparés pour la gloire[k], 24 envers nous, qu’il a appelés, non seulement d’entre les Juifs, mais encore d’entre les Gentils, où est l’injustice ?
25 C’est ainsi qu’il dit dans Osée : « Celui qui n’était pas mon peuple, je l’appellerai mon peuple et celle qui n’était pas la bien-aimée, je l’appellerai bien-aimée§25. Osée, 2, 25, cité librement. Dans le sens propre et littéral, il s’agit des dix tribus, corrompues et idolâtres, véritables païens séparés de Yahweh. Leur conversion, qui leur rendra la prérogative de peuple de Dieu, se présente à l’esprit de Paul comme la figure de celle des gentils. Comp. 1 Pier. 2, 10. La Vulg. ajoute : et celle qui n’a pas obtenu miséricorde, je l’appellerai, objet de miséricorde, leçon conforme à l’hébreu, mais qui fait double emploi avec l’incise précédente.. » 26 « Et dans le lieu où il leur fut dit : Vous n’êtes pas mon peuple, là même on les appellera fils du Dieu vivant[m]. » 27 D’autre part, Isaïe s’écrie au sujet d’Israël : « Quand le nombre des fils d’Israël serait comme le sable de la mer, un faible reste seulement sera sauvé[n]. » 28 Car accomplissant sa parole pleinement et promptement, il l’exécutera sur la terre [en toute justice]‡28. Vulg. C’est une décision arrêtée et qu’il accomplira promptement en toute justice ; oui, c’est un oracle hâtif (c’est-à-dire qui mûrit vite pour l’accomplissement), que le Seigneur accomplira sur la terre. Les Septante ont assez mal traduit l’hébreu.Dans le sens historique, cette prédiction a pour objet les calamités qui désolèrent le royaume de Juda sous Ézéchias, par suite de l’expédition de Sennachérib (II Rois, 18, 13). Le petit nombre de ceux qui échapperont au désastre est aux yeux de S. Paul une figure du petit nombre des Juifs qui croiront en J.-C. et seront sauvés.. 29 Et comme Isaïe l’avait prédit : « Si le Seigneur des armées ne nous avait laissé un rejeton, nous serions devenus comme Sodome, et nous aurions été semblables à Gomorrhe[p]. »
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Israélites, nom honorifique des Juifs (Gen. 32, 28). — L’adoption : « Israël, mon premier-né, dit Dieu à Moïse (Exod. 4, 22). » Les Hébreux avaient été spécialement choisis de Dieu comme son peuple, parmi toutes les nations. Comp. Exod. 19, 5 ; Deu. 14, 1. — Vulgate, l’alliance que Dieu fit avec Abraham ; d’après une autre leçon plus autorisée, les alliances, parce que cette alliance fut renouvelée avec Isaac et Jacob : Comp. Exod. 2, 24.
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