4. Chap. 12, 1-13 : Deux autres motifs de persévérance. — a) L’exemple de Jésus-Christ (1-3). — b) Les épreuves sont un témoignage du paternel amour de Dieu : attestation de l’Écriture (4-6) ; la fin que Dieu se propose quand il châtie (7-11). Conclusion (12-13).
4 Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché. 5 Et vous avez oublié l’exhortation[b] de Dieu qui vous dit comme à des fils : « Mon fils, ne méprise pas le châtiment du Seigneur, et ne perds pas courage lorsqu’il te reprend ; 6 car le Seigneur châtie celui qu’il aime, et il frappe de la verge tout fils qu’il reconnaît pour sien. »[c]7 C’est pour votre instruction que vous êtes éprouvés§7. Que vous êtes éprouvés, en lisant avec un grand nombre de manuscrits et les meilleures éditions critiques : εἰς παιδείαν. — D’autres, avec le texte reçu : Si vous endurez (εἰ au lieu de εἰς) la correction c’est que Dieu… : Dieu vous traite comme des fils ; car quel est le fils que son père ne châtie pas ? 8 Si vous êtes exempts du châtiment auquel tous ont part, vous êtes donc des enfants illégitimes, et non de vrais fils. 9 D’ailleurs, puisque nos pères selon la chair nous ont châtiés et que nous les avons respectés, combien plus nous devons nous soumettre au Père des esprits, pour avoir la vie ? 10 Quant à ceux-là, c’était pour peu de temps qu’ils nous châtiaient au gré de leur volonté ; mais Dieu le fait autant qu’il est utile pour nous rendre capables de participer à sa sainteté. 11 Toute correction, il est vrai, paraît sur l’heure un sujet de tristesse, et non de joie ; mais elle produit plus tard, pour ceux qui ont été ainsi exercés, un fruit de paix et de justice.
12 « Relevez donc vos mains languissantes et vos genoux défaillants ; 13 dirigez vos pas dans la voie droite », afin que ce qui est boiteux ne dévie pas, mais plutôt se raffermisse.[e]
II. — VERTUS QUE DOIVENT PRATIQUER LES FIDÈLES.
Chap. 12, 14-xiii, 17 : Paix avec tous et sainteté de vie (14-29). Quelques autres vertus (xiii, 1-6). Attachement constant et vigilant à la foi (7-9). S’affranchir entièrement de la Synagogue (10-15). Libéralité entre les frères et obéissance aux supérieurs (16-17).
25 Prenez garde de résister à celui qui parle ; car si ceux-là n’ont pas échappé au châtiment, qui ont refusé d’écouter celui qui publiait ses oracles sur la terre, combien moins échapperons-nous, si nous le repoussons, quand il nous parle du haut des cieux : 26 lui, dont la voix ébranla alors la terre, mais qui maintenant a fait cette promesse :[l] « Une fois encore j’ébranlerai non seulement la terre, mais aussi le ciel. » 27 Ces mots : « Une fois encore », indiquent le changement des choses qui vont être ébranlées comme ayant eu leur accomplissement, afin que celles qui ne doivent pas être ébranlées subsistent à jamais. 28 Ainsi, puisque nous rentrons en possession d’un royaume qui ne sera pas ébranlé, retenons fermement la grâce ; par elle rendons à Dieu un culte qui lui soit agréable, avec piété et avec crainte. 29 Car notre Dieu est aussi un feu dévorant.
12, 2. L’auteur, le guide (gr. ἀρχηγός), qui nous a précédés dans ce combat de la foi et nous donne le parfait modèle de la confiance absolue en Dieu. Le consommateur de notre foi, parce qu’il l’affermit par son exemple, la perfectionne par sa grâce, et la conduit à son glorieux achèvement, la vision intuitive (x, 35). La Vulgate peut être interprétée dans le même sens.
b5. L’exhortation, Vulg. La consolation, mais sans exclure l’idée d’exhortation. Citation de Prov. 3, 11 sv, d’après les LXX.
c6. Texte hébreu : Car le Seigneur châtie celui qu’il aime et il se complaît en lui comme un père en son fils.
d7. Que vous êtes éprouvés, en lisant avec un grand nombre de manuscrits et les meilleures éditions critiques : εἰς παιδείαν. — D’autres, avec le texte reçu : Si vous endurez (εἰ au lieu de εἰς) la correction c’est que Dieu…
e12-13. Ce qui est boiteux, en gr. τὸ χωλόν le neutre pour le masculin : le chrétien faible et chancelant dans la foi. Comp. 1 Rois, 18, 21.
g15-16. Racine d’amertume, des hommes qui par leurs doctrines perverses et leurs mauvais exemples pourraient être pour plusieurs, ou mieux, pour la communauté (grec οἱ πολλοὶ), une cause de trouble et de chute. La figure est empruntée à Deut. 29, 18 d’après les LXX.
h17. Vous savez ; Vulgate, sachez. Gen. 27, 20 sv.
j22. Jérusalem et le mont Sion, centres de l’ancienne théocratie, figurent le royaume du Messie, l’Église chrétienne, qui combat sur la terre et triomphe dans le ciel.
k24. Du sang de l’aspersion (Vulg. de l’aspersion du sang), du sang de J.-C. avec lequel il est entré dans le sanctuaire du ciel (ix, 13 ; 12, 24.)