7 Environ trois heures après, la femme d’Ananie entra, sans savoir ce qui était arrivé. 8 Pierre lui demanda : « Dites-moi, est-ce tel prix que vous avez vendu votre champ ? » — « Oui, répondit-elle, c’est ce prix-là. » 9 Alors Pierre lui dit : « Comment vous êtes-vous accordés pour tenter l’Esprit du Seigneur ? Voici que le pied des jeunes gens qui ont enterré votre mari heurte le seuil ; ils vont aussi vous porter en terre. »[b] 10 Au même instant, elle tomba aux pieds de l’Apôtre, et expira. Les jeunes gens étant entrés la trouvèrent morte ; ils l’emportèrent et l’inhumèrent auprès de son mari. 11 Une grande crainte se répandit dans toute l’Église et parmi tous ceux qui apprirent cet événement.‡11. L’Église : c’est la première fois que ce mot paraît dans les Actes avec la signification de société de tous les fidèles.
17 Alors le grand prêtre et tous ses adhérents, savoir le parti des Sadducéens, se levèrent, remplis de jalousie ; 18 et ayant fait arrêter les Apôtres, ils les jetèrent dans une prison publique. 19 Mais un ange du Seigneur, ayant ouvert pendant la nuit les portes de la prison, les fit sortir en disant : 20 « Allez, tenez-vous dans le temple, et annoncez au peuple toutes ces paroles de vie. » 21 Ce qu’ayant entendu, ils entrèrent dès le matin dans le temple, et se mirent à enseigner.
33 Exaspérés*33. Exaspérés, litt. : sciés de part en part (διεπρίοντο), c’est-à-dire l’âme toute déchirée de rage. de ce qu’ils venaient d’entendre, les membres du conseil étaient d’avis de les faire mourir. 34 Mais un Pharisien, nommé Gamaliel,†34. Un pharisien nommé Gamaliel : probablement le célèbre Gamaliel, petit-fils de Hillel, et le maître de S. Paul (). docteur de la loi, vénéré de tout le peuple, se leva dans le sanhédrin, et, ayant ordonné de faire sortir un instant les Apôtres, 35 il dit : « Enfants d’Israël, prenez garde à ce que vous allez faire à l’égard de ces hommes. 36 Car il n’y a pas longtemps parut Théodas, qui se donnait pour un personnage ; environ quatre cents hommes s’attachèrent à lui : il fut tué, et tous ceux qui l’avaient suivi furent dispersés et réduits à néant.‡36. Ce Théodas ou Theudas est peut-être le même que Mathias ben Margalot qui provoqua, vers la fin du règne d’Hérode, un soulèvement contre la domination romaine (Josèphe, Antiq. 17, 6, 2 ; Guerre des Juifs, 1, 23, 2). La différence des noms n’est qu’apparente. Théodas contracté de Théodoros, c’est-à-dire don de Dieu, est la traduction grecque de l’hébreu Matthias. À cette époque bien des Juifs portaient un double nom, l’un hébreu, l’autre grec ou romain, celui-ci n’était souvent que la traduction de celui-là. 37 Après lui s’éleva Judas le Galiléen, à l’époque du recensement, et il attira du monde à son parti : il périt aussi, et tous ses partisans ont été dispersés.§37. À l’époque du recensement, fait sous Auguste par Quirinius, gouverneur de Syrie pour la seconde fois. Ce recensement qui eut lieu l’an 6 ou 7 de notre ère, après la destitution d’Archélaus et l’incorporation de la Judée à l’empire romain fut le signal de la révolte de Judas le Galiléen, et l’occasion de la guerre qui en résulta. (Voy. Josèphe, Antiq. 18, 1, 1 ; 1, 6 ; 20, 5, 2 ; Guerre des Juifs, 2, 8, 1). 38 Voici maintenant le conseil que je vous donne : Ne vous occupez plus de ces gens-là, et laissez-les aller. Si cette idée ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira d’elle-même ; 39 mais si elle vient de Dieu, vous ne sauriez la détruire. Ne courez pas le risque d’avoir lutté contre Dieu même. »
40 Ils se rendirent à son avis, et ayant rappelé les Apôtres, ils les firent battre de verges ; puis ils leur défendirent de parler au nom de Jésus, et les relâchèrent. 41 Les Apôtres sortirent du sanhédrin, joyeux d’avoir été jugés dignes de souffrir des opprobres pour le nom de Jésus. 42 Et chaque jour, dans le temple et dans les maisons, ils ne cessaient d’annoncer Jésus comme le Christ.
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5, 3. Ananie avait vu les effets merveilleux opérés par le Saint-Esprit dans les Apôtres. Essayer de les tromper, c’était vouloir tromper le Saint-Esprit lui-même, dont ils étaient les organes. Mais en quoi consista la faute d’Ananie ? D’après le verset 4, Ananie était libre, semble-t-il, de garder au moins une partie du prix de son champ ; sa faute fut donc de mentir en disant qu’il offrait le prix total alors qu’en réalité il en conservait une partie. Il voulait ainsi, par un mensonge, s’assurer la gloire d’un sacrifice complet.
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