4 Arrivés à Jérusalem, ils furent reçus par l’Église, les Apôtres et les Anciens, et ils racontèrent tout ce que Dieu avait fait pour eux. 5 Alors quelques-uns du parti des Pharisiens, qui avaient cru, se levèrent, en disant qu’il fallait circoncire les Gentils et leur enjoindre d’observer la loi de Moïse.
6 Les Apôtres et les Anciens s’assemblèrent pour examiner cette affaire. 7 Une longue discussion s’étant engagée, Pierre se leva et leur dit : « Mes frères, vous savez que Dieu, il y a longtemps déjà, m’a choisi parmi vous, afin que, par ma bouche, les Gentils entendent la parole de l’Évangile et qu’ils croient.[c] 8 Et Dieu, qui connaît les cœurs, a témoigné en leur faveur, en leur donnant le Saint-Esprit comme à nous ;[d] 9 il n’a fait aucune différence entre eux et nous, ayant purifié leurs cœurs par la foi. 10 Pourquoi donc tentez-vous Dieu maintenant, en imposant aux disciples un joug que ni nos pères ni nous n’avons pu porter ? 11 Mais c’est par la grâce du Seigneur Jésus-Christ que nous croyons être sauvés, de la même manière qu’eux. »
12 Toute l’assemblée garda le silence, et l’on écouta Barnabé et Paul, qui racontèrent tous les miracles et les prodiges que Dieu avait faits par eux au milieu des Gentils.
13 Lorsqu’ils eurent cessé de parler, Jacques prit la parole et dit : « Frères, écoutez-moi. 14 Simon a raconté comment Dieu tout d’abord a pris soin de tirer du milieu des Gentils un peuple qui portât son nom.*14. Simon, forme hellénique du nom hébreu (Schiméon) de saint Pierre. 15 Avec ce dessein concordent les paroles des prophètes, selon qu’il est écrit : 16 Après cela je reviendrai, et je rebâtirai la tente de David qui est renversée par terre ; j’en réparerai les ruines et la relèverai,[f] 17 afin que le reste des hommes cherche le Seigneur, ainsi que toutes les nations qui sont appelées de mon nom, dit le Seigneur, qui exécute ces choses. 18 L’œuvre du Seigneur est connue de toute éternité. — 19 C’est pourquoi je suis d’avis qu’il ne faut pas inquiéter ceux d’entre les Gentils qui se convertissent à Dieu. 20 Qu’on leur écrive seulement qu’ils ont à s’abstenir des souillures des idoles, de l’impureté, des viandes étouffées et du sang.‡20. Il est donc spécialement recommandé aux Gentils de s’abstenir de quatre pratiques : Des souillures des idoles, c’est-à-dire des viandes offertes aux idoles, ainsi que le dit clairement le vers. 29. (Cf. 21, 25 et Rom. xiv-xv ; 1Co. viii-x). — De l’impureté, τῆς πορνείας, mot grec qui, chez les auteurs sacrés et profanes, désigne souvent l’impudicité en général, que les païens ne regardaient pas comme un désordre grave. Comme ce précepte de droit naturel vient se mêler ici à trois autres prescriptions positives et légales, certains interprètes ont pensé que le mot πορνεία indiquerait ici plutôt le péché consistant à contracter mariage au mépris des prescriptions positives de la loi de Moïse, acceptées par les premiers chrétiens. — Des viandes étouffées et du sang : l’usage de ces viandes et du sang était interdit aux Juifs (Lév. 17, 1).Ces prescriptions étaient destinées à aplanir les difficultés des rapports entre les chrétiens d’origine juive et ceux d’origine païenne, et à faire éviter sur ces quatre points, le scandale des faibles. Plusieurs points tombèrent d’eux mêmes en désuétude quand la fusion fut opérée. 21 Car, depuis bien des générations, Moïse a dans chaque ville des hommes qui le prêchent, puisqu’on le lit tous les jours de sabbat dans les synagogues. »[h]
22 Alors il parut bon aux Apôtres et aux Anciens, ainsi qu’à toute l’Église, de choisir quelques-uns d’entre eux pour les envoyer à Antioche avec Paul et Barnabé ; on choisit Jude, surnommé Barsabas, et Silas, personnages éminents parmi les frères. 23 Ils les chargèrent d’une lettre ainsi conçue :
24 Ayant appris que quelques-uns des nôtres sont venus, sans aucun mandat de notre part, vous troubler par des discours qui ont bouleversé vos âmes, 25 nous nous sommes assemblés et nous avons jugé à propos de choisir des délégués et de vous les envoyer avec nos bien-aimés Barnabé et Paul, 26 ces hommes qui ont exposé leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus-Christ. 27 Nous avons donc député Jude et Silas, qui vous diront de vive voix les mêmes choses. 28 Il a semblé bon au Saint-Esprit et à nous de ne vous imposer aucun fardeau au-delà de ce qui est indispensable, savoir, 29 de vous abstenir des viandes offertes aux idoles, du sang, de la chair étouffée et de l’impureté. En vous gardant de ces choses, vous ferez bien. Adieu. »*29. Adieu, litt. — bon courage, soyez forts, formule de salutation ou de souhait qui signifie : portez-vous bien.
30 Ayant donc pris congé, les députés se rendirent à Antioche, assemblèrent tous les fidèles et leurs remirent la lettre. 31 On en fit lecture et tous furent heureux de la consolation qu’elle renfermait. 32 Jude et Silas, qui étaient eux-mêmes prophètes, adressèrent plusieurs fois la parole aux frères, pour les exhorter et les affermir. 33 Après un séjour de quelque temps, ils furent congédiés par les frères, avec des souhait de paix vers ceux qui les avaient envoyés. 34 Toutefois, Silas trouva bon de rester, et Jude s’en alla seul à Jérusalem.[j]
40 Paul fit choix de Silas, et partit, recommandé par les frères à la grâce de Dieu. 41 Il parcourut la Syrie et la Cilicie, fortifiant les Églises.‡41. Fortifiant les Églises, notre Vulgate ajoute : Et leur ordonnant de garder ce qui avait été prescrit par les Apôtres et les Anciens. Ces mots manquent dans presque tous les manuscrits grecs. L’Amiatinus ne connaît pas non plus ce membre de phrase. Il semble donc être une glose empruntée au chapitre suivant, vers. 4.
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15, 1. Plusieurs judéo-chrétiens qui, sans doute, avant d’embrasser le christianisme, avaient appartenu à la secte des Pharisiens, se rendirent de Judée à Antioche, et là ils revendiquèrent les prétendus droits du judaïsme sur les Gentils devenus chrétiens. Le salut, disaient-ils, restait toujours attaché au judaïsme, il fallait donc exiger que pour entrer dans l’Église les païens acceptassent de se soumettre à toutes les pratiques religieuses de la Loi, et spécialement à la circoncision. Telle fut l’occasion de la conférence ou concile qui eut lieu dans la ville sainte, en l’an 51.
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